Matières

« Biosourcé » : que signifie réellement cette allégation et comment la prouver ?

« Biosourcé » décrit l’origine d’une matière. À lui seul, le terme ne prouve ni un moindre impact environnemental ni une meilleure fin de vie.

Mis à jour le 8 août 2026

La réponse courte

Un produit biosourcé est entièrement ou partiellement issu de biomasse. Si seule une partie l’est, le pourcentage et le périmètre doivent être précisés. Cette propriété ne permet pas de conclure automatiquement que le produit est biologique, biodégradable, compostable, recyclable, naturel ou globalement meilleur pour l’environnement.

Dire l’origine de la matière, pas davantage

Le guide DGCCRF/CNC décrit les produits biosourcés comme des produits, matières ou matériaux entièrement ou partiellement fabriqués à partir de biomasse végétale ou animale, par opposition aux matières fossiles.

Cette origine ne suffit pas à établir une performance environnementale globale. Un bénéfice supplémentaire — réduction d’impact, circularité, biodiversité, climat — nécessite une preuve distincte.

Biosourcé ≠ biologique ≠ biodégradable ≠ compostable ≠ recyclable ≠ naturel.

Quantifier plutôt que suggérer

Lorsqu’un produit n’est que partiellement biosourcé, la communication gagne à indiquer la teneur mesurée et la méthode utilisée. Il faut aussi préciser ce qui est concerné : produit entier, matière, composant ou emballage.

Une formule comme « coque contenant 62 % de matière biosourcée » est beaucoup plus contrôlable qu’un simple badge « biosourcé » sans autre information.

Attention au préfixe « bio »

En français, « bio » renvoie spontanément à l’agriculture biologique. La communication doit éviter d’entretenir une confusion entre une matière issue de biomasse, une certification biologique et une propriété de biodégradation.

La précision sur la matière, sa part et son origine limite ce risque de glissement sémantique.

Le nouveau cadre européen traite aussi « biobased » comme une possible allégation générique

La directive 2024/825 cite les formulations de type « biobased » parmi les exemples pouvant être considérés comme génériques lorsqu’aucune spécification claire n’est fournie sur le même support.

Cela ne rend pas l’expression interdite en soi. Cela pousse surtout les marques vers des formulations plus précises, mesurables et immédiatement compréhensibles.

Preuves à vérifier

  • Quelle partie du produit est biosourcée ?
  • Quel pourcentage de matière ou de carbone biosourcé est mesuré ?
  • Quelle méthode ou norme a été utilisée ?
  • Quelle biomasse est concernée et quelle est son origine ?
  • La présentation suggère-t-elle à tort un caractère biologique ou biodégradable ?
  • Tout bénéfice environnemental supplémentaire dispose-t-il de sa propre preuve ?

Sources principales

À lire aussi